L’écologie profonde

Définir l’ « écologie profonde »

Pour faire bref, sans trahir l’esprit de cette philosophie de vie et vision du monde, l’écologie profonde aide chacun à se reconnecter à sa relation à la nature et à sa propre nature. 

Le terme « Écologie profonde » (en anglais : deep ecology) a été créé par le philosophe norvégien Arne Næss. Elle est une branche de la philosophie écologique apparue dans les années 70, qui considère l’humanité comme étant partie intégrante de l’écosystème. Elle met au centre la totalité des espèces et des écosystèmes, contrairement à certains mouvements écologistes. L’écologie profonde inscrit donc les finalités humaines dans une perspective large, celle du vivant, afin de prendre en compte les besoins de l’ensemble de la biosphère, notamment des espèces avec lesquelles l’homme co-évolue. Elle s’oppose donc à une écologie posant la satisfaction des besoins humains comme unique finalité de la préservation de la nature (nature = services), et attribuant donc au reste du vivant le statut de « ressource ».

Selon Claire Carré, animatrice d’ateliers d’écologie profonde en France, « Arne Naess utilisait le mot profond pour désigner le vécu de l’écologie (qui est le fait d’en faire l’expérience intime), en opposition avec sa simple étude. Ainsi, tandis que l’écologie est l’étude des relations des systèmes vivants avec leur milieu, l’Écologie profonde désigne le ressenti de notre appartenance au vivant » (lire l’intégralité de l’interview de Claire Carré en pdf, lien ci-dessous).

Les partisans de l’écologie profonde considèrent que le monde n’est pas une ressource exploitable à volonté par l’Homme. L’éthique de l’écologie profonde s’appuie sur les postulats suivants :

  1. Le bien-être et l’épanouissement des formes de vie humaines et non-humaines de la Terre ont une valeur intrinsèque, indépendante de l’utilité que les humains pourraient leur donner.
  2. La richesse et la diversité des formes de vie contribuent à la réalisation de cette valeur et sont également des valeurs par elles-mêmes.
  3. L’Homme n’a pas le droit de réduire la richesse et la diversité biologique, sauf pour satisfaire des besoins humains vitaux.
  4. L’épanouissement de la vie et des cultures humaines n’est compatible qu’avec une décroissance substantielle de la population humaine. Le développement des formes de vie non-humaines requiert une telle diminution.
  5. Des politiques doivent être changées. Ces politiques affectent les structures économiques, technologiques, et idéologiques fondamentales. Il en résultera une société profondément différente de la nôtre.
  6. Les changements idéologiques passent par l’appréciation d’une bonne qualité de vie plutôt que l’adhésion à des standards de vie toujours plus élevés. Il faut prendre conscience de la différence entre « bonne qualité » et « course à un niveau de vie extrêmement élevé » (qui serait néfaste à la nature).

Pour aller plus loin

Voici plusieurs articles et interviews afin de mieux comprendre ce qu’est l’écologie profonde, au delà des polémiques qui ont pu émerger à son encontre, généralement du fait d’une réelle incompréhension de sa philosophie.

Interview de Claire Carré, animatrice d’ateliers d’écologie profonde.

Claire Carré est une des premières françaises à introduire en France des stages d’écologie profonde, alors que ces stages sont très répandus dans les pays anglo-saxons. Elle a été formée par Joanna Macy, un des piliers du mouvement.

Baptiste Lanaspèze est éditeur et auteur, fondateur de Wild Project, une revue en ligne qui fait un travail de défrichage, de rencontre, d’animation autour des visages et des idées de l’écologie contemporaine.
Vous pouvez par exemple y lire : « L’écologie profonde, une philosophie subversive », de Jean-Claude Génot.

Ce blog contient des articles ainsi qu’une bibliographie. Par ailleurs Michel Sourouille rédige une petite newsletter thématique à laquelle il est possible de s’abonner.