Éco-sociologie

Sociologie de l’environnement

C’est l’approche sociologique, sociale, de l’environnement au sens large (naturel, urbain, etc.). Cette discipline permet l’analyse sociale des questions environnementales, c’est à dire comment les problématiques environnementales sont perçues, définies, étudiées et gérées au sein d’une société et d’une culture.

En pratique, la plupart des sociologues s’intéressent majoritairement à notre environnement urbain. Mais la discipline s’ouvre doucement à l’environnement naturel. C’est le canadien Jean-Guy Vaillancourt qui a en pionnier développé cette discipline pour étudier la relation entre la société et la nature. L’enjeu d’une telle discipline à cheval entre sociologie et écologie, est de pouvoir enfin rendre compte de la complexité de la question environnementale qui est avant toute chose une question de culture et de société.

Psychologie sociale de l’environnement

À cheval entre psychologie et sociologie, « la psychologie sociale étudie la façon par laquelle le comportement, les sentiments ou les pensées d’un individu sont influencés ou déterminés par le comportement ou les caractéristiques des autres » (Source : Baron, R.A. et Byrne, D. (1981). Social Psychology. Boston, Allyn and Bacon).

Appliqué à la question environnementale, la psychologie sociale permet de mieux comprendre comment l’individu appréhende le monde qui l’entoure, comment il construit sa relation à la nature, sa relation au territoire, comment il s’identifie à la question écologique. Cela permet alors de comprendre les comportements des individus, leur difficulté à passer à l’action (éco-gestes où autre) et à changer leurs comportements.

Les sites sur la Psychologie sociale :

Représentations sociales de la nature

La notion de représentations sociales, notion fondatrice en matière de psychologie sociale, est un des outils de compréhension des comportements humains. Nous avons tous une perception et une relation à la nature façonnée par notre culture, nos lois sociales, notre éducation. Nous nous créons ainsi ce que les sociologues appellent nos représentations sociales de la nature. Ces « représentations individuelles et sociales constituent, en tant que filtre d’interprétation de la réalité et comme moyen normatif d’orientation des comportements individuels et collectifs, l’élément clef de l’articulation homme/environnement« , explique Eugénia Ratiu, professeur en sociologie environnementale.

C’est pourquoi la sociologie et la psycho-sociologie de l’environnement, qui explorent ces paramètres, permettent de mieux comprendre la relation humain/environnement, la relation représentations sociales/action en faveur de l’environnement, ainsi que la stratégie élaborée par chacun pour interagir avec lui. Tous éléments indispensable pour (…) concevoir des projets socialement viables.

Reposer les termes du débat écologique

La sociologie est encore peut utilisée aujourd’hui pour déterminer nos choix écologiques tant politiques, financiers, fiscaux, etc. Cela peut paraitre surprenant, mais la raison en est simple : la crise écologique nous demande de refonder notre projet de société, en réinventant d’autres fondamentaux que ceux de la société de consommation. Or, nous ne sommes pas prêt. D’une part, trop peu de personnes ont conscience de l’enjeu, et d’autre part, il faudrait un courage politique sans précédent avec une marge de manoeuvre phénoménale pour emmener une société vers un changement aussi radical. Des précédents existent mais montrent qu’il faut un grand danger : ainsi, l’Europe s’est engagé dans un effort de guerre sans précédent pour résister à l’invasion allemande.

L’évolution de la perception générale de l’environnement oblige à reposer les termes du débat public sur cette question. Si les choix de sociétés ont paru, un temps, échapper aux enjeux fondamentaux posés par la question environnementale, désormais, au regard de l’ampleur de la crise écologique et de ses interactions avec les sociétés humaines, les secteurs économiques, sociaux mais aussi politiques doivent produire un discours novateur dans la prise en compte et le traitement réel de cette crise.

En savoir plus

De nombreux travaux de sociologues et de psycho-sociologues existent aujourd’hui, tous passionnant. Voici une liste des articles ayant fait l’objet d’une lecture attentive de Nature Humaine pour la rédaction de sa Lettre :

Cette excellente thèse, si elle est thématique (les comportements liés à la voiture), a l’immense avantage de prendre en compte la quasi-totalité des travaux récents de sociologie sur les comportements en matière environnementale : freins et moteurs du passage à l’action, aspects culturels, économiques et politiques, solutions, etc. Fondée sur une solide enquête de terrain, elle permet donc (en 500 pages tout de même !) de s’offrir un véritable cours de sociologie appliquée pour les néophytes que nous sommes ! Passionnant et profondément éclairant. E t pour ceux qui sont perspicaces, cette thèse très riche est souvent citée dans nos Lettres, car elle confirme et complète souvent nos propres intuitions et expérimentations terrains.

« Développement durable et participation publique, de la contestation écologiste aux défis de la gouvernance« , sous la direction de Corinne Gendron et Jean-Guy Vaillancourt, éd. PUM.

Comment expliquer le décalage entre attitudes et comportements en matière de protection de l’environnement ? Quel est le rôle des organisations non gouvernementales concernant les changements climatiques ? Quelle place pour les usagers dans les politiques de réduction des GES ? Comment prendre en compte le temps du vivant ? Cet excellent ouvrage est à lire absolument pour mieux comprendre les implications sociologiques de la question écologique et comment les deux s’interpénètrent.

« Environnement et sciences sociales, les défis de l’interdisciplinarité« , sous la direction de Corinne Gendron et Jean-Guy Vaillancourt, éd. PUL.

En plus d’une introduction qui traite de l’interdisciplinarité dans les sciences sociales de l’environnement et d’une conclusion qui analyse les nouveaux défis posés par la problématique environnementale, l’ouvrage contient dix-sept chapitres regroupés en trois parties : la première, plus théorique, examine les rapports entre la société et l’environnement sous l’angle d’un nouveau paradigme d’analyse des questions environnementales en sciences sociales; la seconde s’attarde à des perspectives plus concrètes et plus critiques relatives aux modes de gestion environnementale ; la troisième présente des études empiriques portant sur des aspects environnementaux particuliers.
Un excellent ouvrage pour comprendre les rapports entre société et environnement. Un peu ardu parfois, car technique, les sujets fondamentaux qu’il aborde (la sociologie économique de l’environnement notamment) méritent néanmoins que l’on prenne le temps de lire. Pour comprendre la crise environnementale dans sa globalité.

« Psychologie sociale de l’environnement« , sous la direction de Karine Weiss et Dorothée Marchand, éd. PUR.

Un excellent livre pour comprendre comment l’Homme crée sa relation à ses espaces de vie : relation au territoire, représentations, idéologies et identités environnementales. Une lecture singulière de la crise écologique. Indispensable.